Invasion d’algues sargasses : la Guyane n’est pas épargnée
Le phénomène est bien connu aux Antilles. Il touche actuellement la Guyane de plein fouet. Depuis fin mars, des bancs de sargasses envahissent les côtes. La pêche est quasiment à l’arrêt et le poisson vient à manquer.

Les vidéos prises par les pêcheurs sont impressionnantes : des bancs de sargasses de plusieurs centaines de mètres. Mais elles ne sont pas filmées aux Antilles, mais sur les côtes guyanaises. Pour les pêcheurs, la situation est alarmante. « En ce moment, il y a beaucoup d’algues. Cela rend la pêche difficile. Les bateaux sortent, mais la vente ne paie pas le gazole ni la nourriture », indique Manuel Pereira Barbosa, pêcheur pour la poissonnerie TBM.
Aujourd’hui, 92 % des navires restent à quai, selon le Comité régional des pêches.
Des solutions envisagées
Conséquence directe : les étals commencent à se vider… « Les stocks… Jusqu’en juin, nous n’aurons pas grand-chose », redoute Ernest Louis, poissonnier au Marché d’Intérêt Régional (MIR) Guyane.
Leonard Raghnauth, président du Comité régional des pêches et des élevages marins de Guyane, appelle à la mise en place d’un « plan Sargasses » qui permettrait de ramasser les algues en amont. « C’est ce qui a été fait aux Antilles avec des phases tests, où des « Sargator », des navires spéciaux, ont été construits pour collecter les sargasses. »

Autre solution : anticiper le déplacement des sargasses. « Nous avons établi un contact avec le CNES (Centre national d’études spatiales) pour utiliser les images satellites, poursuit Leonard Raghnauth. L’idée est de voir arriver les bancs de sargasses et de prévenir nos équipages pour éviter les zones concernées.

